mercredi 3 octobre 2018

DESENVASEMENT ( suite !)


Désenvasement  du Bassin.

Les articles Ouest France des 06 et 07 septembre nous ont appris un certain nombre de choses sur le projet de désenvasement. Celui d’aujourd’hui, 3 octobre également . La commission municipale-Désenvasement de lundi soir dernier , aussi ;
Faisons-nous donc notre propre opinion.
La rivière IC, comme la plupart des rivières, ne cessent jamais de couler. Elle coule beaucoup plus fort lors des périodes pluvieuses d’automne, d’hiver et de printemps.
Le débit de l’IC est en moyenne de 0,14 m3 (été) à 0,80m3/seconde(les 3 autres saisons) [source syndicat mixte]. Il s’agit donc, mais nul ne l’ignore, d’un débit moyen très modeste.
L’IC se déverse dans le bassin du port où piégée, elle repose doucement 22h/jours (estimation moyenne annuelle basée sur les tableaux d’ouvertures/fermetures des portes). L’éventuel excédent emprunte le déversoir sous la capitainerie.
Un peu plus de deux heures par jour (moyenne annuelle, rappelez-vous que les portes n’ouvrent qu’à concurrence de 57% des marées annuelles !!!), les portes s’ouvrent à la marée pour laisser la mer s’y répandre puis s’en retirer. 

L’arrière-bassin:

L’IC charrie 2 000m3 de sédiments par an qui se déposent donc naturellement dans le bassin. En 2001, un mur de palplanches fut édifié, isolant l’arrière-port utilisé alors comme un exutoire de confinement  des vases de l’IC de 9 000m3. Il faut donc 4,5 ans maximum pour remplir totalement cet exutoire.   
Il était donc nécessaire de le désenvaser impérativement tous les 4,5 ans.
Hélas, il ne fut désenvasé qu’une fois en 20 ans (en 2008 semble-t-il). L’ex-arrière-bassin n’a donc pas joué le rôle qui lui était attribué de volume tampon. Une fois l’arrière bassin plein, les sédiments ont donc continué à se déverser dans le bassin. 
Les 300 000 € d’investissement de 2001 ont donc été fait en pure perte. (Cf article-blog budget du port)

Le Bassin :

Avant 2000, le bassin était curé tous les 6 ans environ.
Le dernier curage de 2001 (coût inconnu) a permis d’extraire 64 000m3 de vase (arrière-bassin, bassin et avant-port confondus).
Le volume à extraire en 2021(si tout va bien) s’est modifié au fil des communications sur le sujet : 

le maire en 2016  [OF 29/11/16]  nous affirmait qu’il serait de 30 000m3, en précisant «On ne peut pas continuer comme ça! Il faut trouver une solution durable. D'autant plus que le rythme d'envasement est de plus en plus important»
  

Dans le dernier article [OF 06/09/18]  il nous annonce 45 000m3 ;

Ces chiffres sont à rapprocher des 64 000m3 évacués en 2001.

Le volume de sédiments accumulé durant 20 ans ne peut bien évidemment qu’être identique ou supérieur à celui de 2001 soit 64 000m3. Sinon, nous restons très curieux des justifications qui pourraient être apportées à ce sujetv:Cf bas d’article.

La provenance des sédiments :

Le bureau d’études affirme que les sédiments déposés proviennent pour 80%, de la mer. Donc 20%  proviennent de l’IC v:Cf bas d’article et encore en dessous!.
45 000m3 de vase seront d’après la mairie, à évacuer en 2021 ; 
conservons donc ce chiffre.
- 36 000 m3 seraient des sédiments marins (du sable essentiellement)
- 9 000 m3  seraient des sédiments de l’IC.
MAIS l’IC a charrié en 20 ans 40 000 m3 de sédiments qui se sont déposés dans le bassin : le compte n’est donc pas bon ! où seraient donc passés les 41 000 m3 de sédiments de  l’IC (45000-9000)?
Bon,  admettons qu’ils furent emportés en mer.
36 000m3/an de sédiments se seraient donc introduits avec le courant de marée durant les 2h/j. moyens/an d’ouverture du port.
Enfin ce flux sédimentaire marin dominant largement les apports de l’Ic semble en pleine contradiction avec le phénomène de marée verte hélas constaté dans la baie. Il est clairement établi dans les rapports dédiés INRA BRGM qu’elles sont dues à l’IC.
Il est d’ailleurs troublant de constater que ce chiffre correspond au volume  sédimentaire produit par l’IC : 2000m3/an x 20ans = 40 000m3 – 9000m3 (désenvasement de 2007 arrière-port)=31 000m3. (soit 70% de sédiments d’IC).
Des travaux récents ont prouvé que les mauvaises pratiques environnementales du bassin versant ont très largement accéléré l’érosion des sols et par effet induit, l’envasement du port:
 « C. Urvoy à l'occasion du 20ème anniversaire du SMEGA, il y a 3 ans: "ce soir j'aurai découvert que l'envasement du port provenait de l'érosion des sols et de la suppression de nombreux talus dans le bassin versant de l'Ic".


Est-ce aux seuls plaisanciers du port de payer la note ?





Le brassage de vase :
La mairie envisage une solution alternative au principe de curage du port : le brassage de la vase par hélices, avec comme objectif d’évacuer en dose homéopathique 5 000m3/ an de sédiments. Des études techniques ont été entreprises sans doute en 2014, qui ont débouché sur la commande et construction de plusieurs machines à hélice expérimentales qui permirent des essais en situation réelle en 2015 et 2016. (quelqu’un peut-il nous transmettre les décisions du Conseil Portuaire de l’époque à ce sujet, car nous ne retrouvons pas trace des montants engagés, des commandes et des marchés publics d’études et de travaux (Moe :IDRA - entreprises auteurs des machines LE DU industrie, Port Ad Hoc LeTélégramme17/03/16) …
Le principe est le suivant: Le flux d'une machine à hélice décroche la vase du fond, chassée plus loin par le courant d'une seconde machine à hélice. 
Ce principe a été expérimenté dans certains ports, dont Bénodet. Le matériel est différent mais le principe est le même : remettre en suspension la vase pour permettre son évacuation dans un courant.
Ça marche parfaitement bien à Bénodet qui renouvelle chaque année au printemps ce type de  campagne de désenvasement d’un de ses ports ouvert en pleine rivière : l'anse de Penfoul.
MAIS l’Odet est une rivière au débit conséquent, surtout au printemps : 10 m3  à 16 m3/ seconde. Ce flux associé au jusant de la marée crée un courant puissant qui emporte la vase détachée du fond vers le large.
Par comparaison :
- Le débit de l’IC est en moyenne de 0,14 m3 à 0,80m3/seconde.
- Le bassin reste fermé (estim.moyenne annuelle) 22 heures par jour. ( ou 315 marées/2018.)

Les volumes théoriques "d'entretien" à évacuer sont par contre modestes à Binic: sans doute 10m3/jour moyens, (soit un carré de 100m x100m x 1mm haut par exemple)

Par conséquent il sera nécessaire de mettre en place des hélices particulièrement puissantes et nombreuses (à minima, 1 entre chaque ponton et une ou plus dans l’axe du chenal ?) pour envisager de décoller la vase du fond puis de l’évacuer hors du bassin, durant le court instant où le courant s’inverse dans le port, juste avant la fermeture des portes.
Le courant créé sera également traversier aux pontons et sera déclenché au moment du retour des bateaux sortis : les manœuvres seront  d’autant plus difficiles que le courant créé sera puissant (Citons par exemple, l’amarrage aux pontons d'Audierne au jusant traversier qui reste toujours un spectacle haut en couleurs et en jurons).

A ne pas négliger non plus:

- Le bruit de ces 10 à 15 machines puissantes actionnées ensemble?
- L’odeur dégagée de l’eau brassée de vase ?                               
- Il est enfin à craindre qu’en cas de succès dans le bassin, le problème de vase ne soit déplacé dans l’avant-port qu’il faudra également équiper d’hélices.

Ne serait-il pas judicieux d’envisager des solutions techniques éprouvées comme à Bénodet ou ailleurs*, à comparer avec ce projet expérimental?

v:  La commission municipale - Désenvasement du 01oct18 a présenté 2 carottages effectués récemment au droit des 2 îlots à écrêter en oct18: sa composition est de 30% de sédiments et 60% de sables grossiers et 10% de sables fins. Ces chiffres établissent que la provenance des vases serait donc essentiellement marine. Mais les questions posées plus haut restent d’actualité : 31 000m3 de sédiments de l’IC ne se déposeraient donc pas dans le bassin, mais seraient évacuées directement vers le large. Alternative envisageable, le volume avancé de 2 000m3/an serait donc faux. L’apport annuel sédimentaire se résumerait alors à 450m3/an (1,2m3/j !);à ce rythme, nous pouvons nous étonner qu’il y ait des algues vertes dans la baie !
En l’absence remarquée des Bureaux d’Etudes IDRA et CETIA, Maître d’œuvre du projet de désenvasement, nous n’avons pu aborder ces questions.
vv: REBONDISSEMENT: lors de la réunion, le présentateur a mal interprété les diapo.C'est bien l'inverse que prouve les analyses sédimentaires; 60% des sédiments proviennent bien de l'IC !(nous venons en effet de recevoir les diapo.)

v: Nous avons également appris que le volume de désenvasement sera limité aux capacités de l’aire de stockage de 2001 réutilisée à cette occasion. Cet espace était prévu pour contenir les  64000m3 de vase de 2001. Les boues qui n’ont pas trouvé preneur dans le monde agricole, ont séché sur place, libérant un peu d’espace : C’est ainsi que la mairie espère pouvoir y  entreposer de 30 à 40 000m3 de nouveaux sédiments en 2021. Nous avons bien entendu réagi à cette annonce inacceptable qui fera l’objet d’un nouvel article blog plaisanciersdebinic.blogspot.com


*nous vous invitons à lire ce rapport fort intéressant sur le dragage des ports de Bretagne, mars 2017: «Pour une vision partagée des opérations de dragage portuaire en Bretagne» 
dont le maître mot est l’ «anticipation et échanges entre acteurs concernés» qui a tant manqué à Binic depuis semble-t-il, 20ans!
http://www.bretagne.bzh/upload/docs/application/pdf/2017-03/01-document_gt_dragages_vf.pdf

Si le CLUPPIP eût existé, aucune de ces questions n'aurait lieu d'être: Le CLUPPIP est intégré au Conseil Portuaire qui délibère sur l'ensemble des sujets concernant le port. 
C'est pour cela que nous réclamons la création de ce qui est par ailleurs obligatoire et existe dans tous les ports: le Comité des Usagers du Port de BINIC (CLUPPIP). Adhérez à notre démarche en nous renvoyant un simple mail  à plaisanciersdebinic@gmail.com ou cabillot.binicais@gmail.com. 

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